MS MEMOIRE


Ingénierie d’un dispositif hybride Ludo-pédagogique : vers une nouvelle posture d’accompagnement pour les publics en décrochage.

Projet de substitution Myriam Salhi 2025/2026


Contexte du projet de substitution de stage, terrain et problématique

Problématique :
« Comment concevoir un parcours hybride ludo-pédagogique permettant de remobiliser des jeunes adultes en situation de décrochage, de favoriser la prise de conscience des freins sociaux, de développer des compétences transversales et de faciliter leur transposition versL’insertion professionnelle ? »


SOMMAIRE



PARTIE 1. CONTEXTE ET DIAGNOSTIC


1. L’École de la Deuxième Chance (E2C) de Marseille : terrain et public accompagné

2. Besoins identifiés : freins à l’insertion, remobilisation et compétences transversales

3. Les personae comme outil d’analyse du public
•Persona 1 : Amina
•Persona 2 : Léa
•Persona 3 : Julien
•Persona 4 : Wei
•Persona 5 : Samir

4. Finalités du dispositif et indicateurs de réussite


PARTIE 2. INGÉNIERIE PÉDAGOGIQUE ET CONCEPTION DU DISPOSITIF


1.Méthodologie de conception : le modèle ADDIE

•Analyse
•Design
•Développement
•Implémentation
•Évaluation

2.La ludopédagogie comme levier d’inclusion et d’engagement

•Fondements théoriques
•Le jeu comme espace sécurisant
•Développement des compétences transversales

3.Cadres théoriques mobilisés

•Kolb
•Vygotski
•Bruner
•Bloom
•Bandura
•Rogers

4.L’alignement pédagogique : articulation objectifs / activités / évaluations

5.Cadre professionnel : posture d’accompagnement, éthique et RGPD


PARTIE 3. EXPÉRIMENTATION ET DISPOSITIF FINAL


1. La Cravate Solidaire et mon expérience de Coach RH
•Présentation de l’association
•La méthode STAR comme outil de valorisation des compétences

2. Phase test : atelier « Chamboule-tout des discriminations »
•Contexte et mise en oeuvre
•Déroulement de l’atelier
•Résultats observés
•Ajustements retenus
•Limites de l’expérimentation

3. Le Monopoly des Inégalités
•Présentation de l’Observatoire des
•Inégalités et de la ressource pédagogique
•Intérêts pédagogiques

4. Scénarisation hybride : parcours Avant / Pendant / Après

•Avant : questionnaire de positionnement
•Pendant : expérience immersive
•Après : analyse réflexive et transposition vers l’insertion





PARTIE 4. ANALYSE RÉFLEXIVE ET PROFESSIONNALISATION


1. Évolution de la posture professionnelle et apports de la LP GAPP

2. Difficultés rencontrées et solutions apportées

3. Perspectives de développement et transférabilité du dispositif


Conclusion


Bibliographie

•Ouvrages
•Articles et ressources scientifiques
•Ressources institutionnelles
•Sitographie
•Webographie


Annexes

1.Note de cadrage du projet pédagogique hybride
2.Diagnostic SWOT
3.Référentiel des 26 critères de discrimination
4.Référentiel des compétences transversales
5.Personae
6.WBS
7.Matrice RACI
8.Rétroplanning
9.Questionnaire de positionnement
10.Grille d’observation des soft skills
11.Scénario pédagogique « Chamboule-tout »
12.Kahoot
13.Scénario pédagogique « Monopoly des Inégalités »
14.Ingénierie ludo-pédagogique
15.Attestation MOOC Gestion de Projet
16.PDCA — Cycle d’amélioration continue
17.Synthèse de l’ingénierie de projet
18.Grille d’auto-évaluation des participants



REMERCIEMENTS


Je tiens à adresser mes plus sincères remerciements à toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la réalisation de ce mémoire et à l’aboutissement de mon parcours au sein de la Licence Professionnelle GAPP – Gestion et Accompagnement de Projets Pédagogiques.

Je remercie l’ensemble de l’équipe pédagogique de la formation pour la qualité de son accompagnement, son professionnalisme et les connaissances transmises tout au long de cette année universitaire.

Je souhaite également remercier les structures et ressources qui ont nourri ma réflexion, notamment l’École de la Deuxième Chance (E2C) de Marseille, La Cravate Solidaire et l’Observatoire des Inégalités, qui ont constitué des appuis essentiels dans la conception de ce projet pédagogique.

J’adresse une gratitude particulière à mes amies Emmanuelle Martin et Leila Khedaoui pour leur présence, leurs encouragements, leur écoute bienveillante et leur soutien indéfectible tout au long de cette aventure.
Leurs conseils, leur confiance et leur amitié ont été d’une aide précieuse dans les moments de doute comme dans les moments de réussite.
Je remercie également ma famille et mes proches pour leur patience, leur compréhension et leur soutien constant.
Leur confiance en mes capacités m’a permis de mener ce projet à son terme.

Enfin, je souhaite avoir une pensée pour tous les jeunes adultes concernés par les problématiques d’insertion professionnelle et de discrimination, dont les parcours ont donné du sens à ce travail et ont renforcé mon engagement dans le domaine de la formation et de l’accompagnement.
À toutes et à tous, merci pour votre contribution à cette réussite.

INTRODUCTION

Plus qu’un simple exercice académique, ce travail est le reflet de mon engagement quotidien en tant que consultante en insertion et formatrice, un métier où l’adaptabilité est au coeur de chaque intervention.
Ce projet a été pensé, structuré et prêt à être déployé au sein de l’École de la Deuxième Chance (E2C) de Marseille, un terrain où je souhaitais mettre en pratique cette ingénierie au plus près des besoins des apprenants. Cependant, l’annulation inattendue de cette période d’immersion, pour des raisons de conformité réglementaire de la structure, a brutalement interrompu sa mise en oeuvre directe.
Plutôt que de renoncer à cette conception, j’ai choisi de la transformer en une opportunité de démontrer ma capacité à piloter une ingénierie de projet autonome et complète. Avec l’accord précieux de mon responsable pédagogique, Monsieur Christophe Gentil, j’ai donc maintenu ce dispositif de substitution sur mesure, qui incarne ma vision de la pédagogie et l’outil que je m’apprêtais à proposer sur le terrain.

La problématique qui a guidé mes recherches est la suivante :
Comment concevoir un parcours hybride ludo-pédagogique permettant de remobiliser des jeunes adultes en situation de décrochage, de favoriser la prise de conscience des freins sociaux, de développer des compétences transversales et de faciliter leur transposition vers l’insertion professionnelle ?

À travers ces pages, je vous invite à découvrir mon approche, articulée autour de la pédagogie active et de l’outil « Monopoly des Inégalités ». Ce mémoire est le récit d’un projet conçu pour l’action et réinventé ici comme une ingénierie hybride et innovante. Il témoigne de ma posture de professionnelle, toujours prête à déployer des méthodes inclusives pour sécuriser les trajectoires de ceux que j’accompagne.

Partie 1 – Contexte et diagnostic : Au-delà du terrain, le regard sur l’apprenant


1. L’E2C de Marseille : un ancrage au coeur des QPV

L’École de la Deuxième Chance (E2C) de Marseille n’est pas, pour moi, une simple institution administrative ; c’est un écosystème vivant au coeur des quartiers prioritaires (QPV).
Dans ces territoires, le décrochage ne se résume pas à l’échec scolaire : il est souvent le symptôme d’un éloignement structurel de l’emploi et de la formation, caractérisant la situation de jeunes « NEET » (Not in Education, Employment, or Training).
En tant que consultante, j’ai pu observer combien ces jeunes, parfois invisibles des dispositifs classiques, portent le poids d’un environnement où l’accès à l’information et aux réseaux professionnels est entravé.

Mon approche de terrain part de ce constat : ces jeunes ne sontpas « sans projet » par désintérêt, mais par manque de perspective concrète et par un sentiment d’exclusion qui s’est cristallisé au fil du temps.
Pour eux, l’E2C représente un espace de médiation essentiel, une interface entre la réalité du quartier et les codes exigeants du monde professionnel.

Cette fonction de médiation me paraît particulièrement importante dans les parcours des jeunes éloignés de l’emploi ou de la formation.
Au-delà de l’acquisition de compétences, les E2C contribuent également à restaurer la confiance en soi, à développer l’autonomie et à favoriser l’accès à des expériences professionnelles concrètes.
Elles offrent ainsi un cadre sécurisant où les jeunes peuvent progressivement reprendre confiance dans leurs capacités et construire un projet d’avenir plus réaliste et plus accessible.


2. Besoins identifiés : freins à l’insertion, remobilisation et soft skills

En tant que consultante emploi et évolution professionnelle, j’ai appris que le diagnostic ne se résume jamais à des statistiques froides ou à une liste de lacunes.
Lorsque j’ai analysé les besoins de ce public, j’ai délibérément choisi de porter mon attention sur la personne située « derrière le dossier ».
Au-delà des freins structurels — tels que la mobilité restreinte ou la fracture numérique — j’ai surtout été témoin d’une réelle rupture avec le cadre traditionnel.

Ces jeunes ne sont pas en opposition avec l’apprentissage par nature, mais avec des méthodes qui, jusqu’ici, ne leur ont pas parlé. C’est ce constat qui a nourri ma conviction : il ne faut pas leur demander d’entrer dans un moule, mais proposer une approche qui valorise ce qu’ils sont déjà, en transformant leurs vécus en véritables points d’appui.

Si la rigueur de mon ingénierie s’appuie sur des indicateurs quantifiables — tels que la complétude des questionnaires de positionnement ou la qualité des CV finalisés — ma finalité première est plus humaine. Ce que je cherche à susciter, c’est ce « déclic » libérateur. Mon indicateur de réussite le plus précieux reste ce moment où, grâce à la médiation du jeu, l’apprenant se réapproprie son propre parcours. Voir un jeune passer de l’autodépréciation à la mise en récit de ses compétences, ce n’est pas seulement remplir un objectif pédagogique ; c’est restaurer une estime de soi.


3. Les personae comme outil d’analyse du public

Pour affiner ce diagnostic, j’ai construit cinq personae représentatifs de la diversité du public accompagné. Ils ne sont pas des caricatures, mais des portraits synthétiques permettant de comprendre les jeunes dans leur globalité : leurs freins, leurs leviers, leurs représentations, leur rapport au cadre… et la manière dont leur histoire familiale influence leur rapport à l’insertion.


Persona 1 – Amina, 22 ans, jeune femme voilée, famille protectrice mais anxieuse

Amina vit dans une famille soudée, où la protection est une valeur centrale. Ses parents, très impliqués, ont parfois une vision inquiète du monde professionnel, ce qui renforce chez elle la peur d’être jugée ou mal accueillie. Elle possède une grande maturité relationnelle et un sens du collectif très développé. Son frein principal n’est pas un manque de compétences, mais la crainte d’être réduite à son apparence ou à son identité religieuse. Son besoin essentiel : un cadre où elle peut exister sans se justifier. Son levier d’engagement : la médiation, car elle excelle dans les interactions apaisées et la gestion des tensions.


Persona 2 – Léa, 19 ans, jeune femme vivant en foyer, rupture familiale précoce

Léa vit en foyer depuis ses 16 ans, après une rupture familiale douloureuse. Elle a appris à se débrouiller seule, mais cette autonomie forcée a fragilisé son rapport à la confiance. Elle possède une créativité remarquable et une capacité d’adaptation rare. Son frein principal est la difficulté à se projeter : elle n’a jamais eu de cadre stable pour construire un projet. Son besoin essentiel : un accompagnement sécurisant, avec des repères clairs et des objectifs visibles. Son levier d’engagement : les activités immersives, où elle peut expérimenter sans la pression de l’évaluation.


Persona 3 – Julien, 21 ans, jeune homme “blanc”, parents en précarité, rapport scolaire abîmé

Julien a grandi dans une famille où l’école n’était pas valorisée, non par rejet, mais par manque de ressources et de modèles. Ses parents, souvent en situation de précarité, l’ont encouragé à “faire au mieux”, sans pouvoir l’accompagner dans ses apprentissages. Il possède une intelligence pratique très développée : bricolage, logique, résolution de problèmes. Son frein principal est un rapport à l’écrit fragile, qui le met en difficulté dans les démarches administratives. Son besoin essentiel : une pédagogie concrète, visuelle, où il peut manipuler et observer. Son levier d’engagement : les activités ludiques, qui valorisent ses compétences pratiques et restaurent sa confiance.


Persona 4 – Wei, 23 ans, jeune homme d’origine chinoise, parents exigeants mais bienveillants

Wei est arrivé en France à l’adolescence. Ses parents, très attachés à la réussite scolaire, ont toujours valorisé la discipline et le travail bien fait. Cette exigence, bien intentionnée, a renforcé chez lui la peur de l’erreur. Il possède une rigueur exceptionnelle et une grande capacité de concentration. Son frein principal est la crainte de mal faire, qui le pousse à s’auto-censurer. Son besoin essentiel : un cadre où l’erreur est normalisée et intégrée dans l’apprentissage. Son levier d’engagement : les activités structurées, avec des règles claires et des objectifs précis.


Persona 5 – Samir, 20 ans, jeune homme maghrébin vivant en QPV, parents débordés mais encourageants

Samir vit dans un quartier prioritaire où les opportunités sont limitées. Ses parents, souvent pris par des emplois précaires, l’encouragent mais ne peuvent pas toujours l’accompagner dans ses démarches. Il possède une forte aisance orale, un sens du relationnel très développé et une capacité à fédérer les autres. Son frein principal est la difficulté à se sentir légitime dans des environnements professionnels qu’il perçoit comme “loin de lui”. Son besoin essentiel : la valorisation de ses compétences transversales et la mise en lumière de ses réussites. Son levier d’engagement : les activités collaboratives, où il peut prendre un rôle moteur.


Ces personae révèlent un point commun fondamental : le besoin d’être remobilisé par la reconnaissance, et non par la correction. À travers leur diversité, ils montrent que les freins rencontrés ne sont pas uniquement structurels. Ils sont également liés à l’histoire personnelle, au rapport au savoir, à l’environnement familial et aux expériences vécues au cours du parcours scolaire et professionnel.

Cette analyse m’a progressivement amenée à adopter une lecture plus globale des situations rencontrées. Derrière chaque difficulté repérée apparaissent également des ressources, des compétences et des capacités d’adaptation souvent peu visibles. Cette approche rejoint les travaux de Carl Rogers, pour qui le développement de la personne est favorisé lorsqu’elle se sent reconnue, écoutée et considérée dans son potentiel d’évolution. Dans cette perspective, l’accompagnement ne consiste pas uniquement à identifier des difficultés ou à corriger des fragilités, mais aussi à valoriser les forces déjà présentes chez l’individu.

Cette réflexion a guidé la construction des personae présentés précédemment. Mon intention n’était pas de dresser des profils centrés sur les manques, mais de mieux comprendre la réalité des jeunes accompagnés afin d’identifier les leviers susceptibles de favoriser leur engagement dans le dispositif. Cette démarche m’a permis de concevoir un parcours davantage centré sur les capacités d’agir des participants et sur les conditions favorisant leur remobilisation.

Ces éléments confirment que les freins à l’insertion ne peuvent être appréhendés indépendamment du parcours de vie des personnes. Ils invitent au contraire à développer des approches pédagogiques qui prennent en compte l’individu dans sa globalité et qui s’appuient sur ses ressources autant que sur ses besoins.


4. Finalités du dispositif et indicateurs de réussite

Lorsque j’ai conçu ce dispositif, je n’ai jamais cherché à produire un “atelier de plus”, ni un outil pédagogique isolé. La finalité était plus profonde : réinstaller les jeunes dans une dynamique d’apprentissage qui leur ressemble, en leur permettant de se réapproprier leur histoire, leurs compétences et leur place dans un cadre professionnel.

La première finalité est donc la remobilisation. Beaucoup de jeunes arrivent avec une énergie fragmentée, une confiance abîmée, ou une forme de lassitude face aux dispositifs successifs qu’ils ont traversés. Le parcours hybride que j’ai construit vise à créer un espace où ils peuvent à nouveau expérimenter, se tromper, recommencer, sans être immédiatement renvoyés à leurs manques. La Ludo pédagogie n’est pas un prétexte : c’est un levier pour réactiver l’envie d’apprendre en contournant les résistances liées au cadre scolaire traditionnel.

Cette volonté de remobilisation est également étroitement liée à la notion de sentiment d’efficacité personnelle développée par Albert Bandura (2007). Selon cet auteur, plus une personne se sent capable d’agir et de réussir une tâche, plus elle est susceptible de s’engager dans l’action et de persévérer malgré les difficultés rencontrées. Dans mon accompagnement, j’observe régulièrement que certains jeunes possèdent des ressources importantes mais n’en ont plusconscience. Le dispositif a donc été pensé pour leur permettre de vivre des expériences positives, de reconnaître leurs réussites et de retrouver progressivement confiance dans leurs capacités retrouver progressivement confiance dans leurs capacités. La deuxième finalité du dispositif est la prise de conscience des freins sociaux, afin d’aider les jeunes à comprendre les mécanismes qui influencent leur parcours.. Les jeunes que j’accompagne vivent souvent des situations qu’ils normalisent : discriminations ordinaires, autocensure, difficultés d’accès aux ressources, manque de réseau. Le dispositif vise à rendre visibles ces freins, non pour les victimiser, mais pour leur permettre de comprendre les mécanismes qui influencent leur parcours. Cette conscientisation est un préalable indispensable pour qu’ils puissent ensuite agir, se positionner et développer une posture plus affirmée.

La troisième finalité est le développement des compétences transversales. À travers les activités immersives, les jeux de rôle, les interactions collectives et les phases réflexives, les jeunes mobilisent des compétences essentielles à l’insertion : communication, coopération, gestion des émotions, prise d’initiative, capacité à argumenter, à se présenter, à écouter. Ces compétences, souvent invisibles dans leur quotidien, deviennent tangibles lorsqu’elles sont observées, nommées et valorisées.

Enfin, la dernière finalité est la transposition vers l’insertion professionnelle. Le dispositif ne s’arrête pas à l’expérience vécue : il accompagne les jeunes dans la mise en récit de leurs compétences, dans la construction de leur CV, dans la préparation aux entretiens, et dans la projection vers un projet professionnel réaliste. L’objectif est de transformer une expérience pédagogique en un véritable levier d’insertion.

Pour mesurer ces finalités, j’ai défini des indicateurs de réussite qui ne se limitent pas à des données quantitatives. Ils s’appuient sur trois niveaux :

Indicateurs comportementaux – participation active aux activités – capacité à verbaliser ses ressentis – évolution du rapport au cadre – diminution des attitudes d’autodépréciation

Indicateurs pédagogiques – complétude du questionnaire de positionnement – qualité du CV finalisé – capacité à identifier et nommer ses compétences – progression dans les soft skills observées

Indicateurs réflexifs et identitaires – capacité à analyser un frein social – mise en récit du parcours – expression d’un projet professionnel, même embryonnaire – émergence du “déclic” : ce moment où le jeune se reconnaît capable.

Ces indicateurs ne sont pas des cases à cocher : ils sont des signaux de transformation. Ils témoignent de ce que je considère comme la véritable réussite du dispositif : lorsque le jeune cesse de se définir par ses manques et commence à se percevoir comme un acteur de son propre parcours.


PARTIE 2 – Ingénierie pédagogique


1. Méthodologie de conception : le modèle ADDIE

Pour concevoir ce dispositif, j’ai choisi de m’appuyer sur le modèle ADDIE, car il correspond à ma manière de travailler : structurer sans rigidifier, analyser sans figer, ajuster en continu. Ce cadre méthodologique m’a permis de garder une ligne directrice tout en restant attentive aux réalités du terrain et aux besoins du public.

Analyse – J’ai commencé par une analyse approfondie du public accompagné à l’E2C, en m’appuyant sur les observations de terrain, les échanges informels, les questionnaires de positionnement et les personae que j’ai construits. Cette phase m’a permis de comprendre les freins structurels (mobilité, fracture numérique), les freins identitaires (manque de confiance, autocensure), les freins liés au cadre (rapport à l’école, rapport à l’autorité), ainsi que l’influence des histoires familiales sur la manière dont les jeunes se projettent dans l’insertion. Cette analyse a été déterminante pour formuler une problématique réaliste et définir des objectifs pédagogiques adaptés.

Design – À partir de cette analyse, j’ai conçu un parcours hybride articulé autour de trois intentions : remobiliser, conscientiser, valoriser. J’ai pensé les séquences comme un cheminement progressif :

•Un temps d’ouverture pour recueillir les représentations et installer un cadre sécurisant ;
•Une immersion ludique pour provoquer le déclic et révéler les soft skills ;
•Un temps réflexif pour transformer l’expérience en compétences transférables.

Le design a également intégré les contraintes du terrain : hétérogénéité du public, temporalité courte, rythme irrégulier, décrochage possible. J’ai veillé à proposer des activités modulables, accessibles, et suffisamment engageantes pour maintenir l’attention.

Développement – J’ai ensuite développé les supports pédagogiques : questionnaires Google Forms, grilles d’observation des soft skills, scénarios de jeu, fiches d’animation, ressources visuelles, supports de restitution. Chaque activité a été construite pour servir un objectif précis. Le jeu n’a jamais été un gadget : il a été pensé comme un levier d’apprentissage, un espace de mise en mouvement, un révélateur de compétences transversales.

Implémentation – La mise en oeuvre du dispositif a nécessité une adaptation constante. J’ai ajusté les consignes, modulé les temps, reformulé certaines activités en fonction des réactions du groupe. L’implémentation a été un moment clé : c’est là que j’ai pu observer les dynamiques, les résistances, les prises d’initiative, les interactions spontanées qui ne se voient pas dans un questionnaire.

Évaluation – Enfin, j’ai évalué le dispositif à travers des indicateurs quantitatifs (complétude des questionnaires, qualité des CV finalisés) mais surtout qualitatifs : évolution du rapport au cadre, émergence de la confiance, capacité à nommer ses compétences, prise de conscience des freins sociaux. L’évaluation n’a pas été un verdict, mais un levier d’amélioration continue.

Le modèle ADDIE m’a permis de concevoir un dispositif cohérent, ancré dans le réel, et capable de s’ajuster aux besoins du public sans perdre son intention pédagogique.

Afin de garantir la cohérence du parcours proposé, le dispositif a été conçu selon le principe d’alignement pédagogique. Cette approche consiste à assurer une correspondance entre les objectifs d’apprentissage visés, les activités proposées aux participants et les modalités d’évaluation mises en oeuvre.



2. L’alignement pédagogique au service de la cohérence du dispositif

Afin de garantir la cohérence du parcours proposé, le dispositif a été conçu selon le principe d’alignement pédagogique. Cette approche consiste à assurer une correspondance entre les objectifs d’apprentissage visés, les activités proposées aux participants et les modalités d’évaluation mises en oeuvre.

Dans le cadre de ce projet, les objectifs de sensibilisation aux discriminations, de développement des compétences transversales et de remobilisation vers l’insertion professionnelle ont guidé le choix des activités ludo-pédagogiques proposées. Les situations vécues lors du Chamboule-tout des discriminations et du Monopoly des Inégalités ont ainsi été conçues pour permettre aux participants de mobiliser les comportements, attitudes et compétences attendus.
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Les modalités d’évaluation, fondées sur l’observation des soft skills, les temps de débriefing, l’auto-évaluation et le réinvestissement des acquis à travers le Kahoot, sont directement reliées aux objectifs poursuivis. Cette cohérence entre objectifs, méthodes pédagogiques et évaluations contribue à renforcer la pertinence et l’efficacité du dispositif.
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Objectifs pédagogiques

Activités proposées

Évaluation

Identifier les discriminations

Chamboule-tout

Justifications orales + Kahoot

Développer l’esprit critique

Monopoly des Inégalités

Débriefing collectif

Développer la coopération

Activités en équipe

Grille d’observation

Renforcer la confiance en soi

Participation aux échanges

Auto-évaluation

Valoriser les soft skills

Débriefing et travail CV

Grille d’observation + verbalisation


3. La Ludo pédagogie comme levier d’inclusion et d’engagement

J’ai choisi la Ludo pédagogie parce qu’elle permet de contourner les résistances liées au cadre scolaire traditionnel. Beaucoup de jeunes que j’accompagne ont un rapport abîmé à l’école ; le jeu devient alors un espace où ils peuvent apprendre sans se sentir évalués, jugés ou comparés.
Mais si j’ai choisi la ludopédagogie, ce n’est pas seulement pour son ancrage théorique : c’est d’abord un constat de terrain, né de l’observation des jeunes et de la manière dont ils s’engagent lorsqu’ils vivent une expérience immersive.

À l’origine de cette démarche : un héritage pédagogique et un constat de terrain

La Ludo pédagogie n’est pas une méthode récente ni une invention isolée. Elle s’inscrit dans un héritage pédagogique riche, issu des pédagogies actives (Dewey, Montessori, Freinet), des travaux sur le développement cognitif (Piaget, Vygotski, Bruner), et du modèle expérientiel de Kolb. Tous ces chercheurs ont montré que l’on apprend mieux en agissant, en manipulant, en expérimentant, en coopérant, et en vivant des situations concrètes.

Cet héritage théorique a ensuite été repris dans la formation professionnelle, l’éducation populaire et les serious games, où le jeu est devenu un outil pour dynamiser les groupes, révéler les compétences transversales et faciliter la mise en mouvement.

Avant même de concevoir ce dispositif, j’ai observé que les jeunes se mobilisent davantage lorsqu’ils vivent une expérience plutôt que lorsqu’ils reçoivent une consigne. Dès que l’activité prenait une forme trop scolaire — prise de notes, consignes longues, exercices écrits — le décrochage apparaissait. À l’inverse, dès que je proposais une activité plus dynamique — un jeu de rôle, une mise en situation, un défi collectif — les jeunes se remettaient en mouvement. Ils parlaient, riaient, argumentaient, coopéraient. Ils existaient autrement.

Ce constat a été le point de départ de ma démarche : le jeu n’était pas une idée “créative”, mais une réponse à un besoin réel, observé chez un public en rupture avec le cadre traditionnel.

Le jeu comme espace sécurisant

Le jeu crée un cadre où l’erreur est permise, où l’on peut essayer, recommencer, rire, se tromper, et surtout exister autrement que dans un rapport frontal au savoir. Il permet de réactiver l’envie d’apprendre en mobilisant des mécanismes naturels : curiosité, coopération, immersion, défi, exploration.

Ce que la Ludo pédagogie permet concrètement

La Ludo pédagogie m’a permis de :
•Réactiver l’engagement chez des jeunes en rupture avec le cadre ;
•Favoriser la coopération plutôt que la compétition ;
•Rendre visibles les soft skills dans des situations authentiques ;
•Créer des interactions qui révèlent les dynamiques de groupe ;
•Faciliter la mise en récit des compétences à partir d’expériences vécues.

Dans les ateliers, j’ai observé des jeunes habituellement en retrait prendre la parole, proposer des stratégies, argumenter, négocier, coopérer. Ces comportements, souvent invisibles dans un cadre classique, deviennent des leviers d’insertion lorsqu’ils sont nommés, valorisés et transposés.

Ces observations renforcent ma conviction que le jeu agit comme un véritable révélateur de compétences. Dans un contexte moins formel et moins marqué par le risque d’échec, les participants mobilisent spontanément des ressources qu’ils n’identifient pas toujours chez eux-mêmes. Cette mise en situation permet de rendre visibles des compétences souvent peu valorisées dans les parcours scolaires traditionnels et facilite ensuite leur transposition vers le domaine de l’insertion professionnelle.

Une démarche exigeante, pas un gadget

La Ludo pédagogie n’est pas une méthode “fun” : c’est une démarche exigeante, qui demande de penser :
•Les mécaniques de jeu,
•Les objectifs pédagogiques,
•Les temps de débriefing,
•Les modalités de transfert.

C’est précisément cette exigence qui en fait un outil puissant pour un public en remobilisation.

Une approche cohérente avec ma posture professionnelle

Ce choix est cohérent avec ma posture : je crois profondément que l’apprentissage doit être vécu avant d’être compris. Le jeu permet cette expérience. Il ouvre un espace où les jeunes peuvent se révéler, se surprendre, se dépasser, et parfois se redécouvrir.

La Ludopédagogie n’est donc pas un outil parmi d’autres : elle est au coeur de ma manière d’accompagner, parce qu’elle permet de remettre en mouvement des jeunes qui, trop souvent, ont été immobilisés par des expériences scolaires douloureuses.


4. Cadres théoriques mobilisés : Kolb, Vygotski, Bloom, Bandura et Rogers

Dans ma pratique, je mobilise plusieurs cadres théoriques qui structurent mes choix pédagogiques et renforcent la cohérence du dispositif.

•Kolb. J’organise un cycle en quatre temps — vivre la situation, l’observer, la conceptualiser, puis la transférer. Par exemple, après une activité, je conduis un débrief structuré où je demande à chacun de nommer ce qu’il a fait, ce qu’il a compris et comment il compte le réutiliser dans une prochaine tâche.

•Vygotski. Je mise sur l’interaction sociale et la zone proximale de développement : les jeunes apprennent énormément les uns des autres. Lors d’un travail en petits groupes, j’ai constaté que l’explicitation entre pairs débloquait plus vite une difficulté qu’un apport magistral, à condition de cadrer la coopération et de distribuer des rôles complémentaires.

•Étayage (Bruner ; Wood, Bruner & Ross). Je propose des soutiens temporaires ajustés (modélisation pas à pas, indices, questions guidées), puis je retire progressivement ces aides à mesure que la compétence s’installe. Concrètement, je commence par montrer une procédure en verbalisant les critères de réussite, puis je passe à des rappels brefs, avant de laisser le groupe réaliser en autonomie.

•Bloom (taxonomie révisée). Je scénarise une montée en complexité : comprendre et appliquer d’abord, puis analyser, évaluer et créer. Je formule les consignes avec des verbes explicites et j’aligne les critères d’évaluation pour rendre la progression lisible et mesurable.

•Bandura. Je renforce l’auto-efficacité par des démonstrations par pairs, des feedbacks fréquents et des paliers de difficulté. J’ai observé qu’un succès maîtrisé, même modeste, relançait l’engagement d’apprenants qui doutaient d’eux-mêmes, surtout lorsqu’ils pouvaient expliquer leur stratégie.

•Rogers. Je veille à un climat sécurisant et bienveillant qui reconnaît le droit à l’erreur et offre des espaces de choix. Je propose, par exemple, deux voies d’entrée dans une tâche (plus guidée ou plus ouverte) pour respecter le rythme de chacun et soutenir la motivation intrinsèque.


Note de cohérence : Kolb structure le rythme pédagogique ; Vygotski et l’Étayage précisent le “comment” de l’accompagnement ; Bloom oriente la progression des exigences ; Bandura soutient l’engagement durable ; Rogers garantit un cadre propice à l’expression et à l’autonomie. Ensemble, ces cadres assurent une expérience d’apprentissage motivante, structurée et transférable.


Ces cadres ne sont pas des références théoriques plaquées : ils nourrissent ma pratique quotidienne et donnent du sens à mes décisions pédagogiques.

Au fil de la conception de ce projet, j’ai pris conscience de la complémentarité de ces différents cadres théoriques. Chacun apporte un éclairage spécifique sur les processus d’apprentissage et sur les modalités d’accompagnement des apprenants. Là où Kolb met l’accent sur l’expérience vécue, Vygotski souligne l’importance des interactions sociales dans la construction des savoirs. Bandura apporte un regard essentiel sur le développement de la confiance en soi et du sentiment d’efficacité personnelle, tandis que Rogers rappelle l’importance d’un climat sécurisant et bienveillant pour favoriser l’engagement. Ensemble, ces approches ont constitué un véritable fil conducteur dans la conception du dispositif et m’ont permis de construire une démarche pédagogique cohérente, centrée à la fois sur l’apprentissage, l’expérimentation et l’accompagnement des personnes


4. Cadre professionnel : posture d’accompagnement, éthique et RGPD

Ma posture professionnelle repose sur trois piliers : sécuriser, valoriser, responsabiliser.

Je veille à créer un cadre où chacun peut s’exprimer sans crainte, où la parole est respectée, où les vécus sont accueillis sans jugement. L’éthique est au coeur de ma pratique : consentement, anonymisation, respect des données personnelles, transparence sur les objectifs du dispositif.

Le RGPD n’est pas une contrainte administrative : c’est une garantie de respect. Chaque questionnaire, chaque observation, chaque verbatim est traité avec précaution, car derrière chaque donnée, il y a une personne. Je veille à expliquer aux jeunes ce que je collecte, pourquoi, et comment cela sera utilisé.

Ma posture vise à accompagner sans infantiliser, à guider sans imposer, à soutenir sans remplacer l’autonomie du jeune. Je m’adapte aux profils, aux rythmes, aux fragilités, en gardant une distance professionnelle qui protège la relation d’accompagnement.

Cette posture est essentielle pour créer un cadre où les jeunes peuvent se révéler, expérimenter, se tromper, réussir… et surtout se reconnaître capables.



PARTIE 3. EXPÉRIMENTATION ET DISPOSITIF FINAL


Présentation de l’association

Créée en 2012, La Cravate Solidaire est une association reconnue d’intérêt général qui oeuvre en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en recherche d’emploi ou en situation de précarité. Son objectif est de lutter contre les discriminations à l’embauche et les inégalités d’accès à l’emploi en proposant un accompagnement global centré sur la valorisation des compétences et le renforcement de la confiance en soi. L’association accompagne les bénéficiaires à travers des ateliers de préparation aux entretiens de recrutement, des simulations avec des professionnels bénévoles ainsi qu’un don de tenue professionnelle adaptée aux codes du monde du travail. Présente dans plusieurs villes en France, La Cravate Solidaire mobilise un important réseau de bénévoles issus des ressources humaines, du recrutement et de l’entreprise. Son approche repose sur la conviction que l’accès à l’emploi ne dépend pas uniquement des compétences techniques, mais aussi de la capacité des personnes à se présenter, à valoriser leur parcours et à prendre confiance dans leur potentiel. C’est dans ce cadre que je suis engagée depuis trois ans en tant que bénévole Coach RH au sein de l’antenne marseillaise.


1. La Cravate Solidaire et mon expérience de Coach RH

À La Cravate Solidaire, j’ai accompagné des candidats dans la valorisation de leurs compétences et la préparation des entretiens. Cette expérience a affiné ma lecture des freins d’expression et des leviers de confiance. Concrètement, je mobilise :

•Des entretiens structurés et des feedbacks spécifiques, orientés progrès.
•La méthode STAR pour faire émerger des preuves concrètes de compétences.•Des simulations (micro-mises en situation) et la co-construction d’arguments clairs.
•Transfert au dispositif : pendant l’expérimentation, j’observe des comportements en situation et j’appuie la verbalisation ; après, j’aide chaque participant à identifier au moins deux soft skills illustrées et à les intégrer dans son CV avec un exemple probant.

La méthode STAR

Parmi les outils mobilisés, la méthode STAR occupe une place importante dans l’accompagnement des candidats. Cet acronyme renvoie à quatre étapes : Situation, Tâche, Action et Résultat. Elle permet de structurer le récit d’une expérience en mettant en évidence les compétences réellement mobilisées dans une situation concrète.

Dans ma pratique de coach RH, cet outil aide les candidats à dépasser des formulations générales pour illustrer leurs compétences à partir d’exemples précis. Il favorise ainsi une meilleure prise de conscience de leurs ressources et renforce leur capacité à les valoriser dans un contexte de recrutement.

Cette approche a également inspiré la conception du dispositif présenté dans ce mémoire. À l’issue des activités ludiques, les participants sont invités à revenir sur les situations vécues afin d’identifier les compétences mobilisées et de les relier à leur parcours d’insertion professionnelle.


2. Phase test : atelier « Chamboule-tout des discriminations »


Contexte et mise en oeuvre (session de 30 minutes)

Le 8 juillet, à La Cravate Solidaire, j’ai coanimé la phase test de l’atelier « Chamboule-tout des discriminations » avec une alternante RH, pendant qu’une bénévole (Anne) animait en parallèle « Découverte du dressing ». Nous avions huit jeunes de l’E2C, répartis en deux groupes. Le format court (30 minutes) m’a conduite à un dispositif très actif : des binômes, une structure de chamboule-tout par équipe, trois balles de tennis et un objectif clair — faire tomber un maximum de boîtes, puis justifier en faisant référence aux 26 critères de discrimination.

Chamboule tout des discriminations

• Règles et barème

Binômes : 1 chamboule-tout par équipe ; 3 balles de tennis.

Objectif : faire tomber un maximum de boîtes.

Score pédagogique : 1 point/boîte + 1 point si la justification suit la chaîne “indice → mécanisme → effet → (critère)”.

Rôles tournants : porte-parole (lancers + justification) et observateur des mécanismes (repérage des indices, structuration de l’argument).

• Cadres mobilisés

Kolb : expérience (jeu) → débrief → consolidation → transfert.

Rogers : climat sécurisant (règles, droit de passer son tour, confidentialité).

Vygotski & Étayage : questions guidées et cartes-repères au Tour 1 ; retrait des aides (fading) au Tour 2.

Bandura : démonstrations rapides par pairs, feedbacks spécifiques, paliers de difficulté pour renforcer l’auto efficacité.

•Progression pédagogique (taxonomie de Bloom)

Comprendre : décrire ce qui s’est passé et nommer les éléments visibles.

Appliquer : associer une mini-situation à une notion (stéréotype, biais, discrimination directe/indirecte).

Analyser : comparer deux cas proches et isoler le mécanisme précis.

Évaluer : juger la solidité de l’argument et évoquer un levier (alerte, médiation, recours).

Créer : produire une justification complète et concise sur une nouvelle boîte (manche 3, sans aide).

•Déroulé minuté (30 min)

Cadrage express (3 min): règles, objectifs, notions cibles.

Tour 1 étayé (12 min): 3 mini situations ; aides niveau 1 (reformulations, 1 question guide), cartes-repères si besoin.

Séquence “Boîtes devinettes” (5–6 min): reprendre les boîtes tombées et associer chaque symbole à un des 26 critères de discrimination reconnus en France ; justification courte “indice → mécanisme → effet → critère”.

Tour 2 sans indice (7 min): 2 mini situations proches ; justification autonome en < 20 s (fading).

Clôture (2–3 min): phrase apprentissage par chacun ; autoévaluation 1–5 (“me sens je capable d’expliquer un cas ?”).

•Manche 3 “Rejouer” — transfert rapide (si temps restant)

Sans aide : 3 lancers/binôme ; même barème ; justifications en < 20 s. Je vise une baisse des sollicitations d’aide et une meilleure précision des justifications.

•Indicateurs suivis

Participation : au moins une prise de parole pour 80% des jeunes.

Verbalisation stratégique : ≥ 50% de justifications complètes au Tour 2 (chaîne attendue).

Sollicitations d’aide : tendance à la baisse entre Tour 1 (étayé) et Tours 2/3 (fading).

Rétention : quiz oral flash (3–4 questions) pour citer des critères, distinguer stéréotype/préjugé de discrimination, illustrer une discrimination indirecte.

Rétention : quiz oral flash suivi d’un Kahoot de fin de séance (5 questions) afin de consolider les apprentissages, vérifier la compréhension des notions abordées et clôturer l’atelier dans une dynamique ludique et participative.


•Ce que j’observe et retiens

Des passages mesurables de la description à l’explication argumentée en 30 minutes.

La découverte de critères peu connus (ex. : discrimination indirecte, grossesse, domiciliation bancaire).

Un climat de parole préservé, condition de l’expression et de l’apprentissage sur un sujet sensible.


Cette expérimentation, même réalisée dans un temps limité et auprès d’un groupe restreint, m’a permis de confirmer plusieurs intuitions formulées lors de la phase de conception. J’ai observé que les participants s’impliquaient davantage lorsqu’ils étaient placés dans une situation d’action plutôt que dans une posture d’écoute passive. Le caractère ludique du dispositif a favorisé les interactions, la prise de parole et la réflexion collective autour de thématiques parfois sensibles. Ces premiers constats renforcent la pertinence de l’approche retenue et confirment l’intérêt de la ludopédagogie comme levier de remobilisation et d’engagement.


3. Le Monopoly des inégalités


Présentation de l’Observatoire des Inégalités

L’Observatoire des Inégalités est une association indépendante créée en 2003 dont la mission est d’informer, d’analyser et de sensibiliser le grand public aux différentes formes d’inégalités présentes dans la société française. À travers ses publications, ses études et ses actions de sensibilisation, l’association contribue à une meilleure compréhension des mécanismes sociaux qui influencent les parcours des individus et peuvent générer des situations d’inégalités ou de discrimination.

Parmi les outils développés par l’association figure le Monopoly des Inégalités, un support pédagogique inspiré du célèbre jeu de société. Conçu dans une démarche d’éducation populaire, cet outil permet aux participants de prendre conscience de l’influence des déterminants sociaux sur les trajectoires individuelles. À travers une expérience immersive et participative, les joueurs sont amenés à réfléchir aux notions d’égalité des chances, d’inégalités sociales et de discriminations.

J’ai découvert cet outil grâce à mon engagement bénévole au sein de La Cravate Solidaire Marseille, association dans laquelle j’interviens depuis trois ans en qualité de Coach RH. Cette association accompagne des personnes en insertion professionnelle en leur proposant des entretiens de coaching, des simulations de recrutement et un accompagnement à la valorisation de leurs compétences.

Dans le cadre du partenariat entre La Cravate Solidaire et l’Observatoire des Inégalités, j’ai été formée en janvier 2025 à l’animation du Monopoly des Inégalités. Cette formation m’a permis de découvrir un outil particulièrement adapté à la sensibilisation des publics éloignés de l’emploi, grâce à une approche favorisant l’expérimentation, les échanges et la réflexion collective.

J’ai choisi d’intégrer cette ressource à mon projet pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle s’inscrit pleinement dans la démarche de ludopédagogie qui constitue le fondement de ce mémoire. Le jeu offre un cadre sécurisant et mobilisateur permettant aux participants d’apprendre par l’expérience plutôt que par un apport théorique descendant. Il favorise également l’engagement, la participation active et la coopération, autant d’éléments essentiels pour un public en situation de décrochage.

Par ailleurs, le Monopoly des Inégalités permet d’aborder des thématiques parfois sensibles, telles que les discriminations, les stéréotypes ou les inégalités sociales, de manière concrète et accessible. Les situations rencontrées au cours du jeu encouragent les participants à questionner leurs représentations, à partager leurs points de vue et à développer leur esprit critique.

Enfin, cet outil répond directement à la problématique de ce mémoire. En favorisant la prise de conscience des freins sociaux, le développement des compétences transversales et la réflexion sur les parcours individuels, il constitue un support pertinent pour accompagner des jeunes adultes dans une démarche de remobilisation et d’insertion professionnelle.


La composition de la mallette pédagogique, qui constitue le support principal de cette expérience ludique et réflexive, est présentée dans la section suivante.


Composition de la mallette pédagogique

La mallette pédagogique du Monopoly des Inégalités comprend plusieurs ressources destinées à faciliter l’animation et la compréhension des mécanismes d’inégalités. Elle se compose notamment d’un guide d’animation destiné aux intervenants, d’un mode d’emploi détaillant les règles du jeu, d’un guide pédagogique permettant d’expliquer les différentes formes d’inégalités, de cartes événements illustrant des situations concrètes inspirées de la réalité sociale, ainsi que du matériel nécessaire au déroulement de la partie (plateau de jeu, pions et supports associés). L’ensemble de ces outils a été conçu pour favoriser la prise de conscience, la discussion et la réflexion collective autour des inégalités sociales.

Ces supports favorisent l’émergence d’échanges, la confrontation des points de vue et le débat collectif autour des notions d’égalité des chances, de discrimination et de justice sociale. Ils permettent également aux participants d’établir des liens entre les situations vécues au cours du jeu et certaines réalités rencontrées dans leur environnement personnel ou professionnel.

Au-delà de sa dimension ludique, la mallette constitue un véritable outil de médiation pédagogique. Elle permet d’aborder des thématiques parfois sensibles dans un cadre sécurisant, participatif et propice à l’apprentissage expérientiel.

Cette ressource a servi de support à la conception du parcours hybride présenté dans ce mémoire. Son utilisation s’inscrit dans une scénarisation pédagogique articulée autour de trois temporalités : avant, pendant et après l’expérience de jeu.


4. Scénarisation hybride : parcours Avant / Pendant / Après

Afin de répondre aux besoins identifiés auprès des jeunes adultes en situation de décrochage, j’ai conçu un parcours hybride articulé autour de trois temps complémentaires : avant, pendant et après l’activité. Cette organisation vise à préparer les participants à l’expérience proposée, à favoriser leur engagement au cours de l’atelier et à accompagner le transfert des apprentissages vers leur parcours d’insertion professionnelle.

Ce dispositif a été pensé comme un véritable parcours pédagogique et non comme une simple activité ponctuelle. L’objectif est d’amener progressivement les participants à réfléchir aux inégalités, à vivre une expérience immersive à travers le Monopoly des Inégalités, puis à analyser cette expérience afin d’identifier les compétences mobilisées et les enseignements pouvant être réinvestis dans leur projet professionnel.

Le dispositif n’ayant pas pu être déployé dans le cadre de ce projet de substitution, cette scénarisation correspond à la préparation pédagogique envisagée pour une mise en oeuvre future au sein de l’École de la Deuxième Chance de Marseille. Le scénario pédagogique détaillé de l’atelier est présenté en annexe.


Avant : préparation de l’atelier

La première étape du dispositif vise à préparer les conditions de réussite de l’atelier et à recueillir les représentations initiales des participants. En amont de l’intervention, un questionnaire de positionnement sera diffusé à l’aide d’un Google Forms accessible par QR Code.

Ce questionnaire permettra d’identifier les connaissances préalables des participants concernant les inégalités et les discriminations, de recueillir leurs attentes et d’explorer leurs représentations sur les freins pouvant influencer un parcours d’insertion. Les réponses obtenues constitueront un support précieux pour adapter l’animation aux besoins du groupe.

Cette phase préparatoire comprend également l’organisation matérielle de l’atelier : prise en main de la mallette pédagogique, préparation des supports, aménagement de l’espace d’animation et vérification du matériel nécessaire au bon déroulement de la séance. Une attention particulière sera portée à l’instauration d’un cadre sécurisant reposant sur le respect mutuel, l’écoute et la confidentialité des échanges.

Pendant : vivre l’expérience du Monopoly des Inégalités

La deuxième phase correspond à l’animation du Monopoly des Inégalités. À travers cette expérience immersive, les participants seront amenés à découvrir les effets de certains déterminants sociaux sur les parcours individuels et les opportunités offertes à chacun.

L’activité reposera sur l’utilisation des différents supports présents dans la mallette pédagogique : plateau de jeu, cartes événements, guide d’animation, supports visuels et règles du jeu. Les situations rencontrées tout au long de la partie permettront aux participants de s’interroger sur les notions d’égalité des chances, de discrimination et d’inégalités sociales.

Durant l’animation, ma posture sera celle d’une accompagnatrice facilitant les échanges, encourageant la participation et favorisant la réflexion collective. L’objectif ne sera pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de permettre aux participants d’analyser les situations rencontrées et de construire leurs propres réflexions à partir de l’expérience vécue.

Cette phase constitue également un temps d’observation des compétences transversales mobilisées par les participants. Les interactions, les prises de parole, l’argumentation, la coopération ou encore la résolution de situations seront observées à l’aide d’une grille dédiée afin d’identifier les soft skills mobilisées au cours de l’activité.

Après : débriefing, analyse réflexive et valorisation des compétences

À l’issue de la partie, un temps de débriefing collectif sera proposé afin de permettre aux participants de prendre du recul sur l’expérience vécue. Ce moment d’échange favorisera l’expression des ressentis, le partage des observations et l’analyse des mécanismes d’inégalités rencontrés durant le jeu.

L’objectif sera d’accompagner les participants dans une réflexion sur les facteurs pouvant constituer des freins ou des leviers au sein d’un parcours personnel, scolaire ou professionnel. Cetravail permettra également d’aborder les notions de discrimination, d’autocensure et d’égalité des chances à partir des situations expérimentées pendant l’atelier.

Une attention particulière sera portée à l’identification et à la valorisation des compétences transversales mobilisées au cours de l’activité. Les participants seront invités à reconnaître les ressources qu’ils ont mises en oeuvre, telles que la communication, la coopération, l’écoute, l’esprit d’analyse ou la prise d’initiative.

Enfin, un travail de transposition vers l’insertion professionnelle pourra être proposé afin d’aider les participants à relier ces compétences à leur parcours, à leur CV ou à leurs futurs entretiens de recrutement. Cette démarche vise à transformer l’expérience de jeu en un véritable levier de remobilisation et de valorisation de soi.

l’issue du débriefing, les participants complètent une fiche d’auto-évaluation leur permettant d’identifier les apprentissages réalisés, les compétences mobilisées durant l’activité et leur possible valorisation dans un CV ou lors d’un entretien de recrutement.

Ainsi, le parcours « Avant – Pendant – Après » permet d’inscrire le Monopoly des Inégalités dans une logique d’accompagnement globale. Au-delà de la sensibilisation aux inégalités, il vise à favoriser la réflexion, le développement des compétences transversales et la construction du pouvoir d’agir des participants. Le scénario pédagogique détaillé du dispositif est présenté en annexe.

Je souhaite poursuivre ma spécialisation dans les domaines de la formation, de l’accompagnement et de l’ingénierie pédagogique, afin de renforcer une expertise déjà ancrée dans la conception de dispositifs hybrides, l’analyse des besoins et l’accompagnement des publics en transition.

Ainsi, ce mémoire ne constitue pas seulement l’aboutissement d’une année universitaire. Il marque une étape importante dans la construction de mon identité professionnelle et confirme mon intérêt pour la conception de dispositifs pédagogiques favorisant l’inclusion, l’engagement et le développement du pouvoir d’agir des publics accompagnés.



PARTIE 4. ANALYSE RÉFLEXIVE ET PROFESSIONNALISATION


1. Évolution de la posture professionnelle et apports pour la LP GAPP

La réalisation de ce projet a constitué une étape déterminante dans mon parcours universitaire et professionnel. Bien au-delà d’un simple travail académique, ce mémoire représente l’aboutissement d’une année de réflexion, d’apprentissages et de remises en question qui ont contribué à faire évoluer ma posture professionnelle. Il m’a permis de consolider les compétences acquises au sein de la Licence Professionnelle Gestion et Accompagnement de Projets Pédagogiques tout en affirmant progressivement mon identité professionnelle dans le domaine de la formation et de l’ingénierie pédagogique.

Avant d’intégrer la LP GAPP, mon expérience était principalement orientée vers l’accompagnement des publics dans leurs démarches d’insertion et d’évolution professionnelle. En tant que consultante emploi et évolution professionnelle, mais également bénévole Coach RH au sein de La Cravate Solidaire Marseille depuis trois ans, j’étais principalement mobilisée sur des actions d’accompagnement individuel, de valorisation des compétences et de préparation aux entretiens de recrutement.

Au fil de mon expérience, j’ai développé une connaissance approfondie des difficultés rencontrées par les publics éloignés de l’emploi : manque de confiance en soi, difficultés à identifier leurs compétences, autocensure, méconnaissance des codes professionnels ou encore faible capacité à se projeter dans l’avenir. Cependant, cette formation m’a permis de porter un regard différent sur ces situations. J’ai progressivement compris que l’accompagnement ne se limite pas à aider une personne à franchir une étape, mais qu’il consiste également à concevoir des environnements d’apprentissage favorisant le développement de son autonomie, de son pouvoir d’agir et de sa capacité à apprendre.

La LP GAPP m’a ainsi permis de découvrir les principes de l’ingénierie pédagogique et de la gestion de projet. À travers la réalisation de ce mémoire, j’ai pu mobiliser l’ensemble des étapes de conception étudiées durant l’année : analyse des besoins, diagnostic du public, formulation d’objectifs pédagogiques, choix des méthodes d’apprentissage, élaboration d’une scénarisation, conception d’outils d’évaluation et réflexion sur les modalités d’accompagnement. Cette démarche m’a permis de prendre conscience de la complexité et de la richesse du travail de conception qui précède toute action de formation.

La démarche pédagogique pensée pour ce projet, enrichie par des supports d’accompagnement concrets, forme une base solide qui pourra évoluer et prendre vie dans de futures mises en oeuvre.

La première perspective concerne naturellement l’École de la Deuxième Chance de Marseille, terrain initialement envisagé pour l’expérimentation. Les besoins identifiés lors du diagnostic, notamment en matière de remobilisation, de développement des compétences transversales et de préparation à l’insertion professionnelle, confirment la pertinence d’un dispositif mobilisant la ludopédagogie comme levier d’engagement.

Au-delà de l’E2C, ce projet pourrait être adapté à d’autres structures accompagnant des publics éloignés de l’emploi ou de la formation. Les Missions Locales, les associations d’insertion, les organismes de formation, les dispositifs d’accompagnement des Quartiers Prioritaires de la Ville ou encore certaines structures de l’économie sociale et solidaire constituent autant de contextes dans lesquels ce parcours pourrait être déployé.

La transférabilité du dispositif repose principalement sur sa souplesse. Les activités proposées peuvent être adaptées en fonction des caractéristiques du public, du temps disponible et desobjectifs poursuivis. Le Monopoly des Inégalités constitue une ressource centrale du parcours, mais la démarche pédagogique développée dans ce mémoire peut également être enrichie par d’autres outils ludo-pédagogiques favorisant la participation et la réflexion collective.

Une autre perspective importante concerne le développement d’une dimension numérique plus approfondie. Le questionnaire de positionnement en ligne, les supports accessibles par QR Code ou encore les outils collaboratifs numériques pourraient être complétés par de nouvelles ressources favorisant l’apprentissage asynchrone et le suivi des participants entre les différentes étapes du parcours.

Ce projet a également confirmé mon intérêt pour les approches ludo-pédagogiques et mon souhait de poursuivre mes recherches dans ce domaine. La ludopédagogie apparaît aujourd’hui comme un levier particulièrement pertinent pour favoriser l’engagement, la motivation et l’apprentissage auprès de publics parfois éloignés des modalités de formation traditionnelles. À travers la poursuite de mon parcours universitaire, je souhaite approfondir cette spécialisation et développer de nouvelles compétences dans la conception de dispositifs pédagogiques innovants.

Cette perspective s’inscrit dans la continuité de mon projet professionnel. L’obtention de la Licence Professionnelle Gestion et Accompagnement de Projets Pédagogiques représente une étape importante dans un parcours que je souhaite poursuivre au sein du Master MEEF Parcours Pratiques et Ingénierie de la Formation (PIF) de l’Université de Limoges. Cette poursuite d’études me permettrait de renforcer mon expertise en ingénierie pédagogique tout en développant davantage mes compétences dans le domaine de la ludopédagogie et de l’accompagnement des publics

En définitive, ce projet dépasse le cadre de ce mémoire. Il constitue le point de départ d’une réflexion professionnelle plus large sur les possibilités offertes par les pédagogies actives et par le jeu comme outil d’apprentissage. À travers cette expérience, j’ai confirmé ma volonté de contribuer à la conception de dispositifs pédagogiques inclusifs, innovants et favorisant le développement du pouvoir d’agir des apprenants.

2. Difficultés rencontrées et solutions apportées

La conception et la mise en oeuvre de ce dispositif hybride ludo-pédagogique ont été traversées par plusieurs difficultés, révélatrices de la complexité du public accompagné et de la nécessité d’adapter en continu les modalités pédagogiques. Ces obstacles n’ont pas freiné le projet ; ils ont au contraire renforcé ma posture de formatrice-accompagnatrice et affiné la cohérence du dispositif.

La première difficulté concerne l’hétérogénéité du public. Les jeunes accompagnés présentent des parcours de vie très différents, des niveaux de confiance en soi variables et des rapports au cadre parfois fragilisés. Cette diversité a nécessité une vigilance constante pour ajuster les consignes, reformuler les objectifs et proposer des activités accessibles à tous. Pour y répondre, j’ai privilégié des supports modulables, des consignes courtes et des temps de reformulation collective permettant de sécuriser les participants.

Une autre difficulté a été liée à la gestion du rythme et de l’engagement. Certains jeunes se mobilisent rapidement, tandis que d’autres ont besoin de temps pour entrer dans l’activité. Le risque de décrochage ponctuel est réel, notamment lorsque l’activité demande une verbalisation ou une exposition de soi. Pour y faire face, j’ai intégré des temps d’échauffement, des activités brèves et dynamiques, ainsi que des transitions ludiques permettant de réactiver l’attention sans stigmatiser les participants.

J’ai également été confrontée à des résistances liées à la thématique des discriminations. Aborder ces sujets peut susciter des réactions émotionnelles, des incompréhensions ou des débats sensibles. Certains jeunes ont exprimé des représentations ancrées, parfois contradictoires, qu’il a fallu accueillir sans jugement. Pour maintenir un cadre éthique, j’ai mobilisé des techniques de médiation, reformulé les propos lorsque nécessaire et rappelé les règles de respect et de non-jugement. Le jeu, en particulier le Monopoly des Inégalités, a permis de décentrer les échanges et d’aborder ces questions de manière moins frontale.

Enfin, une difficulté importante a concerné la transposition vers l’insertion professionnelle. Si les jeunes s’engagent volontiers dans les activités ludiques, le passage à la mise en récit des compétences ou à la construction du CV peut générer de l’appréhension. Pour accompagner cette transition, j’ai utilisé la méthode STAR, des exemples concrets et des temps d’écriture guidée. Ces outils ont permis de rendre visibles les compétences mobilisées pendant les ateliers et de faciliter leur valorisation dans un cadre professionnel.

Ces difficultés, loin d’entraver le dispositif, ont renforcé ma posture de formatrice-accompagnatrice. Elles m’ont amenée à développer une pédagogie plus souple, plus incarnée et davantage centrée sur les besoins réels des participants. Les solutions apportées ont contribué à consolider la cohérence du dispositif et à garantir un accompagnement respectueux, inclusif et adapté à un public en remobilisation.

3 Perspectives de développement et transférabilité du dispositif

Première perspective concerne naturellement l’École de la Deuxième Chance de Marseille, terrain initialement envisagé pour l’expérimentation. Les besoins identifiés lors du diagnostic, notamment en matière de remobilisation, de développement des compétences transversales et de préparation à l’insertion professionnelle, confirment la pertinence d’un dispositif mobilisant la ludopédagogie comme levier d’engagement.

Au-delà de l’E2C, ce projet pourrait être adapté à d’autres structures accompagnant des publics éloignés de l’emploi ou de la formation. Les Missions Locales, les associations d’insertion, les organismes de formation, les dispositifs d’accompagnement des Quartiers Prioritaires de la Ville ou encore certaines structures de l’économie sociale et solidaire constituent autant de contextes dans lesquels ce parcours pourrait être déployé.

La transférabilité du dispositif repose principalement sur sa souplesse. Les activités proposées peuvent être adaptées en fonction des caractéristiques du public, du temps disponible et desobjectifs poursuivis. Le Monopoly des Inégalités constitue une ressource centrale du parcours, mais la démarche pédagogique développée dans ce mémoire peut également être enrichie par d’autres outils ludo-pédagogiques favorisant la participation et la réflexion collective.

Une autre perspective importante concerne le développement d’une dimension numérique plus approfondie. Le questionnaire de positionnement en ligne, les supports accessibles par QR Code ou encore les outils collaboratifs numériques pourraient être complétés par de nouvelles ressources favorisant l’apprentissage asynchrone et le suivi des participants entre les différentes étapes du parcours.

Ce projet a également confirmé mon intérêt pour les approches ludo-pédagogiques et mon souhait de poursuivre mes recherches dans ce domaine. La ludopédagogie apparaît aujourd’hui comme un levier particulièrement pertinent pour favoriser l’engagement, la motivation et l’apprentissage auprès de publics parfois éloignés des modalités de formation traditionnelles. À travers la poursuite de mon parcours universitaire, je souhaite approfondir cette spécialisation et développer de nouvelles compétences dans la conception de dispositifs pédagogiques innovants.

Cette perspective s’inscrit dans la continuité de mon projet professionnel. L’obtention de la Licence Professionnelle Gestion et Accompagnement de Projets Pédagogiques représente une étape importante dans un parcours que je souhaite poursuivre au sein du Master MEEF Parcours Pratiques et Ingénierie de la Formation (PIF) de l’Université de Limoges. Cette poursuite d’études me permettrait de renforcer mon expertise en ingénierie pédagogique tout en développant davantage mes compétences dans le domaine de la ludopédagogie et de l’accompagnement des publics

En définitive, ce projet dépasse le cadre de ce mémoire. Il constitue le point de départ d’une réflexion professionnelle plus large sur les possibilités offertes par les pédagogies actives et par le jeu comme outil d’apprentissage. À travers cette expérience, j’ai confirmé ma volonté de contribuer à la conception de dispositifs pédagogiques inclusifs, innovants et favorisant le développement du pouvoir d’agir des apprenants.


CONCLUSION


En conclusion, ce mémoire avait pour objectif de répondre à la problématique de la conception d’un parcours hybride ludo-pédagogique pour des publics en décrochage. Même si le dispositif n’a pas pu être déployé intégralement, il constitue une base solide pour de futures expérimentations et pour le développement de pratiques pédagogiques innovantes Même si le dispositif n’a pas pu être expérimenté dans son intégralité sur le terrain initialement prévu en raison de l’annulation de l’immersion à l’École de la Deuxième Chance, cette contrainte s’est révélée être un formidable levier d’apprentissage.

Elle m’a amenée à approfondir mon travail d’ingénierie pédagogique, à fairepreuve d’agilité, de résilience et de persévérance — des compétences indispensables dans les métiers de l’accompagnement et de la formation. Ce projet de substitution atteste ainsi de ma capacité à concevoir des outils robustes (comme le Monopoly des Inégalités et l’atelier Chamboule-tout), à structurer une démarche méthodologique rigoureuse et à assumer une posture d’ingénieure de formation indépendante.

Sur le plan professionnel, ce travail marque une étape clé dans la construction de mon identité, confirmant mon attrait pour les pédagogies actives et l’andragogie. Il constitue le tremplin idéal vers la poursuite de mes ambitions universitaires et professionnelles, notamment l’intégration du Master MEEF — Parcours Pratiques et Ingénierie de la Formation (PIF) de l’Université de Limoges, et le portage de mon projet entrepreneurial.


Bibliographie

Ouvrages


Bandura, A. (2007). Auto-efficacité : le sentiment d’efficacité personnelle. Bruxelles : De Boeck.

Bloom, B. S. (1956). Taxonomy of Educational Objectives. Handbook I : Cognitive Domain. New York : Longmans, Green and Co.

Bruner, J. (1996). L’éducation, entrée dans la culture. Paris : Retz.

Kolb, D. A. (1984). Experiential Learning : Experience as the Source of Learning and Development. Englewood Cliffs : Prentice Hall.

Rogers, C. (2005). Le développement de la personne. Paris : Dunod.

Vygotski, L. S. (1997). Pensée et langage. Paris : La Dispute.

Wood, D., Bruner, J. S., & Ross, G. (1976). « The Role of Tutoring in Problem Solving ». Journal ofChild Psychology and Psychiatry, 17(2), 89-100.

Articles et ressources scientifiques


Carré, P. (2020). L’apprenance : vers un nouveau rapport au savoir. Paris : Dunod.

Lebrun, M. (2015). eLearning et pédagogies actives. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur.

Perrenoud, P. (2013). Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant. Paris : ESF Éditeur.

Ressources institutionnelles


Défenseur des droits. (2025). Les critères de discrimination prévus par la législation française.

École de la Deuxième Chance France. (2025). Présentation du réseau E2C et de ses missions.

France Compétences. (2024). Référentiels des compétences transversales.

La Cravate Solidaire. (2025). Présentation de l’association et de ses actions en faveur de l’insertion professionnelle.

Observatoire des Inégalités. (2025). Monopoly des Inégalités : guide pédagogique et ressources d’animation.

Gestion de projet et ingénierie pédagogique


AFNOR. (2013). Management de projet : principes et lignes directrices.

Project Management Institute. (2021). Guide PMBOK® : Guide du corpus des connaissances en management de projet (7e éd.). Newtown Square : PMI.

Centrale Lille. (2025). MOOC Gestion de Projet. Plateforme France Université Numérique.

Sitographie

Défenseur des droits : https://www.defenseurdesdroits.fr

École de la Deuxième Chance France : https://reseau-e2c.fr

France Compétences : https://www.francecompetences.fr

La Cravate Solidaire : https://lacravatesolidaire.org

Observatoire des Inégalités : https://www.inegalites.fr

Université de Limoges : https://www.unilim.frWebographie des outils numériques mobilisés

Canva : https://www.canva.com

Google Forms : https://forms.google.com

Kahoot! : https://kahoot.com

Microsoft Word : https://www.microsoft.com

WordPress : https://wordpress.com


ANNEXES

Annexe 1

Rubrique

Contenu

Objectif

Substitution du stage LP GAPP

Terrain

E2C Marseille

Public

Jeunes adultes en décrochage

Finalité

Remobilisation, soft skills, insertion

Leviers

Désamorcer • Libérer • Révéler

Méthodologie

GAPP

Alignement

Bloom

Approche

Cycle de Kolb

Pièce maîtresse

Débriefing explicite


Annexe 2
Diagnostic SWOT du projet pédagogique hybride
Analyse stratégique du dispositif « Monopoly des Inégalités »


Annexe 3
Référentiel des 26 critères de discrimination

Catégorie

Exemples

Identité

Sexe, âge, apparence

Santé

Handicap, état de santé

Engagement

Opinions, syndicat

Origine

Ethnie, nation, religion

Situation

Lieu de résidence, vulnérabilité


Annexe 4
Référentiel des soft skills

Soft skills

Définition

Communication

S’exprimer clairement

Coopération

Travailler ensemble

Esprit critique

Analyser, questionner

Initiative

Proposer, agir

Gestion des émotions

Réguler, exprimer

Confiance

Se sentir capable

Leadership

Mobiliser sans dominer


Annexe 5
Analyse des besoins : Personae représentatifs du public accompagné

*


Annexe 6
Work Breakdown Structure (WBS) du projet pédagogique hybride Découpage structuré du projet

Le Work Breakdown Structure (WBS) est un outil de gestion de projet permettant de décomposer le projet en différentes phases et sous-activités. Son utilisation a facilité la planification, le suivi et l’organisation de l’ensemble des actions nécessaires à la conception du dispositif hybride ludo-pédagogique.


Niveau 1 : Projet pédagogique hybride


1.Analyse des besoins

1.1.Identification du terrain d’application (E2C Marseille)
1.2.Analyse du public cible
1.3.Identification des freins à l’insertion
1.4.Construction des personae
1.5.Définition des objectifs pédagogiques


2. Conception du dispositif

2.1.Choix de l’approche ludo-pédagogique
2.2.Sélection du support « Monopoly des Inégalités »
2.3.Élaboration du parcours hybride Avant / Pendant / Après
2.4.Définition des modalités d’évaluation
2.5.Choix des outils numériques


3. Développement des outils pédagogiques

3.1.Création du questionnaire Google Forms
3.2.Conception des grilles d’observation
3.3.Élaboration des supports d’animation
3.4.Création des supports visuels et infographies
3.5.Conception du Kahoot de réinvestissement


4. Préparation de l’expérimentation

4.1.Organisation logistique
4.2.Préparation du matériel pédagogique
4.3.Préparation des consignes d’animation
4.4.Élaboration du protocole d’observation


5. Expérimentation

5.1.Animation du Chamboule-tout des discriminations
5.2.Observation des comportements et soft skills
5.3.Recueil des retours participants
5.4.Analyse des résultats observés


6. Évaluation et amélioration

6.1.Analyse des indicateurs de réussite
6.2.Identification des ajustements nécessaires
6.3.Formalisation des améliorations envisagées
6.4.Réflexion sur la transférabilité du dispositif


7. Rédaction du mémoire

7.1.Recherche documentaire
7.2.Rédaction des différentes parties
7.3.Mise en forme du document
7.4.Création des annexes
7.5.Vérification bibliographique


8. Soutenance

8.1.Préparation du support de présentation
8.2.Préparation de l’argumentaire
8.3.Entraînement à l’oral
8.4.Présentation devant le jury


Annexe 7
Matrice RACI du projet pédagogique hybride

Legende

R (Responsible) : Réalise l’action

A (Accountable) : Valide et garantit le résultat

C (Consulted) : Apporte son expertise

I (Informed) : Est informé de l’avancement


Analyse

La matrice RACI met en évidence le rôle central de la porteuse du projet dans les différentes phases de diagnostic, de conception, de développement, d’expérimentation et de formalisation du dispositif pédagogique. Le responsable pédagogique assure principalement une fonction de validation méthodologique et d’accompagnement du projet.

L’atelier « Chamboule-tout des discriminations » est réalisé en coanimation, permettant d’assurer simultanément l’animation de l’activité et l’observation des comportements des participants. Cette organisation favorise la collecte d’observations plus riches concernant les interactions, les prises d’initiative, les capacités d’argumentation, la coopération et les compétences transversales mobilisées durant le jeu.

L’observation des stagiaires-joueurs est réalisée conjointement par les animateurs à l’aide d’une grille dédiée, afin d’objectiver les comportements observés et d’alimenter le débriefing pédagogique ainsi que la valorisation des compétences transférables vers l’insertion professionnelle.


Annexe 8
Rétroplanning du projet pédagogique hybride

Objectif
Le rétroplanning a été utilisé comme outil de pilotage afin d’organiser les différentes étapes du projet, de la phase d’analyse jusqu’à la soutenance. Il a permis d’anticiper les échéances, de répartir les tâches dans le temps et de suivre l’avancement global du dispositif pédagogique.

Calendrier prévisionnel

Étape

Date

Analyse

Juin

Conception

Juin

Test

8 juillet

Rédaction

Juillet–Août

Dépôt

20 août

Soutenance

25 août


Annexe 9
Questionnaire de positionnement et QR Code

Objectif du questionnaire
Dans le cadre du parcours hybride, un questionnaire de positionnement a été conçu à l’aide deGoogle Forms afin de recueillir les représentations initiales des participants avant leur participation au Monopoly des Inégalités. Ce questionnaire constitue la première étape du parcours pédagogique et s’inscrit dans la phase « Avant » du dispositif.

Les informations recueillies permettent :
•D’identifier les connaissances préalables des participants ;
•De repérer les représentations liées aux inégalités et aux discriminations ;
•D’adapter l’animation aux besoins du groupe ;
•De favoriser une démarche réflexive avant l’entrée dans l’activité.


Modalités d’accès
Le questionnaire est accessible à partir d’un QR Code distribué aux participants en amont de l’atelier.

Élément

Contenu

Objectif

Pré-activer les notions

Support

QR code

Contenus

Questionnaire de positionnement google forms • notions clés

Durée

5–10 min

Exemples de questions proposées

Connaissances initiales

1.Avez-vous déjà entendu parler des discriminations ?
a.Oui
b.Non

2.Savez-vous combien de critères de discrimination sont reconnus par la loi française ?

a.Oui
b.Non

3.Parmi les situations suivantes, lesquelles vous semblent être des discriminations ?a.(plusieurs réponses possibles)

Représentations

4.Selon vous, quels sont les principaux freins à l’insertion professionnelle ?

5.Pensez-vous que certaines personnes rencontrent davantage d’obstacles que d’autres dans leur parcours professionnel ?
a.Oui
b.Nonc.
Je ne sais pas

Attentes

6.Qu’attendez-vous de cet atelier ?
7.Souhaitez-vous mieux comprendre les mécanismes d’inégalités et de discrimination ?
a.Oui
b.Non

Apport pédagogique

Le questionnaire constitue un outil de diagnostic permettant d’identifier les besoins du groupe et d’engager les participants dans une dynamique réflexive avant l’activité. Les réponses recueillies alimentent la préparation de l’animation et servent de point de comparaison lors du débriefing final afin de mesurer l’évolution des représentations.

Figure 6. Questionnaire de positionnement Google Forms et QR Code d’accès.


Annexe 10
Grille d’observation des compétences transversales (Soft Skills)

Objectif
Cette grille d’observation a été élaborée afin d’identifier les compétences transversales mobiliséespar les participants durant les activités ludo-pédagogiques du dispositif.
Elle constitue un outil d’aide à l’observation permettant d’objectiver les comportements observés et d’alimenter les temps de débriefing et de valorisation des compétences.

Les observations sont réalisées pendant les activités de groupe, les échanges, les phases de coopération et les temps de restitution.

Grille d’observation


Référentiel d’observation


Annexe 11
Scénario pédagogique complet de l’atelier « Chamboule-tout des discriminations »

Intitulé de l’atelier
Chamboule-tout des discriminations

Public visé
Jeunes adultes en situation de décrochage ou engagés dans un parcours d’insertion professionnelle.

Durée
30 minutes

Effectif
8 participants répartis en deux équipes de 4 personnes.

Finalité pédagogique

Sensibiliser les participants aux discriminations, développer leur capacité à identifier les mécanismes discriminatoires et favoriser la mobilisation de compétences transversales utiles à l’insertion professionnelle.

Objectifs pédagogiques

À l’issue de l’atelier, les participants seront capables de :
•Identifier plusieurs critères de discrimination reconnus par la loi ;
•Différencier stéréotype, préjugé et discrimination ;
•Analyser une situation à partir d’indices observables ;
•Argumenter leur point de vue ;
•Coopérer au sein d’un groupe ;
•Développer leur esprit critique.

Moyens matériels
•2 structures de chamboule-tout ;
•Boîtes illustrées ou symbolisées ;
•6 balles de tennis ;
•Fiches critères de discrimination ;
•Grille d’observation des soft skills ;
•Support Kahoot de réinvestissement ;
•Tableau ou paperboard.

Modalités d’animation

L’atelier est réalisé en coanimation, permettant d’assurer simultanément l’animation de l’activité et l’observation des comportements des participants.Un animateur assure la conduite de l’activité tandis qu’un second observateur repère les compétences transversales mobilisées pendant le jeu.

Déroulement

Phase 1 : Accueil et cadrage (3 minutes)

Présentation :
•Des objectifs ;
•Des règles de fonctionnement ;
•Du cadre de respect et de bienveillance ;
•Des notions clés abordées.

Phase 2 : Tour 1 avec étayage (12 minutes)

Les participants réalisent plusieurs lancers. Après chaque boîte tombée :
•Lecture de la situation ;
•Échanges en équipe ;
•Justification collective.

L’animateur propose :
•Reformulations ;
•Questions-guides ;
•Rappels des notions.

Phase 3 : « Boîtes devinettes » (5 minutes)

Les participants associent les symboles présents sur les boîtes aux critères de discrimination correspondants.

Justification attendue :
Indice → mécanisme → effet → critère de discrimination

Phase 4 : Tour 2 en autonomie (7 minutes)

Les participants doivent :
•Identifier seules les situations ;
•Proposer une analyse argumentée ;
•Mobiliser les critères adaptés.

Les aides sont progressivement retirées afin de favoriser l’autonomie.

Phase 5 : Débriefing et réinvestissement (3 minutes)

Chaque participant complète :
•une phrase d’apprentissage ;
•une auto-évaluation rapide.

Un Kahoot de réinvestissement est proposé afin de consolider les connaissances abordées durant l’atelier.

Soft skills observées
•Communication orale ;
•Coopération ;
•Écoute active ;
•Esprit critique ;
•Adaptabilité ;
•Prise d’initiative ;
•Résolution de problèmes ;
•Gestion des émotions ;
•Confiance en soi ;
•Leadership bienveillant.

Modalités d’évaluation

Évaluation formative
Observation des comportements :
•Participation ;
•Qualité des argumentations ;
•Mobilisation des critères ;
•Coopération.

Évaluation des acquis
Kahoot de fin d’atelier permettant de vérifier :
•La compréhension des notions ;
•L’identification des discriminations ;
•La distinction entre stéréotypes, préjugés et discriminations.

Résultats attendus
•Participation active des jeunes ;
•Développement de la réflexion critique ;
•Meilleure connaissance des critères de discrimination ;
•Identification des compétences transversales mobilisées ;
•Renforcement du sentiment d’efficacité personnelle.

Figure 7. Scénario pédagogique de l’atelier « Chamboule-tout des discriminations ».


Annexe 12
Kahoot de réinvestissement des connaissances

Présentation
Dans le cadre de l’atelier « Chamboule-tout des discriminations », un Kahoot a été utilisé en finde séance afin de consolider les apprentissages réalisés et de vérifier la compréhension des notions abordées.

Cet outil numérique a été conçu par les alternantes de La Cravate Solidaire puis intégré à l’atelier comme support d’évaluation formative. Son utilisation a permis de clôturer la séance dans une dynamique ludique, interactive et participative.

Objectifs pédagogiques

Le Kahoot vise à :
•Vérifier la compréhension des notions abordées durant l’atelier ;
•Renforcer la mémorisation des connaissances ;
•Identifier les critères de discrimination ;
•Distinguer stéréotypes, préjugés et discriminations ;
•Favoriser l’engagement des participants ;
•Encourager le réinvestissement immédiat des apprentissages.

Exemples de questions utilisées

Question 1
Combien de critères de discrimination sont reconnus par la loi française ?
•12
•20
•26
•30

Question 2
Une idée toute faite concernant un groupe de personnes correspond à :
•Une discrimination
•Un stéréotype
•Une sanction
•Une exclusion

Question 3
Refuser une candidature en raison de l’âge d’une personne constitue :
•Un préjugé
•Une discrimination
•Une compétence
•Une obligation


Question 4
Quelle compétence est particulièrement mobilisée lors d’un travail en équipe ?
•L’isolement
•La coopération
•La compétition
•La passivité

Question 5
Quel était l’objectif principal de l’atelier ?
•Gagner le plus de points possibles
•Réussir un examen
•Comprendre les mécanismes de discrimination et développer son esprit critique
•Apprendre le droit du travail

Apports pédagogiques

L’utilisation du Kahoot présente plusieurs avantages :
•Vérification immédiate des acquis ;
•Participation active de l’ensemble du groupe ;
•Retour instantané sur les réponses proposées ;
•Renforcement de l’attention et de la motivation ;
•Clôture dynamique de l’atelier.

Cet outil complète les observations réalisées pendant l’activité en apportant un indicateur supplémentaire concernant la compréhension des notions abordées.

Supports

Figure 8. Kahoot de réinvestissement utilisé lors de l’atelier « Chamboule-tout des discriminations ».


Annexe 13
Scénario pédagogique du « Monopoly des Inégalités »

Présentation du dispositif

Le Monopoly des Inégalités est un outil pédagogique développé par l’Observatoire des Inégalitésvisant à sensibiliser les participants aux mécanismes sociaux pouvant influencer les parcours personnels, scolaires et professionnels. Utilisé dans le cadre de ce projet, il constitue le support principal du parcours hybride conçu pour favoriser la remobilisation, le développement des compétences transversales et la réflexion sur l’insertion professionnelle.

Fiche signalétique

Intitulé : Monopoly des Inégalités
Public visé : Jeunes adultes en situation de décrochage ou accompagnés dans une démarche d’insertion professionnelle.
Durée : 2 heures
Modalité : Présentiel
Animation : Coanimation
Support : Mallette pédagogique « Monopoly des Inégalités »

Objectifs pédagogiques

À l’issue de l’activité, les participants seront capables de :
•Identifier certains mécanismes d’inégalités sociales ;
•Comprendre l’influence des déterminants sociaux sur les trajectoires individuelles ;
•Développer leur esprit critique ;
•Argumenter leur point de vue ;
•Mobiliser des compétences transversales ;
•Faire le lien entre expérience vécue et insertion professionnelle.

Déroulement du parcours

Phase 1 : Avant l’atelier

Questionnaire de positionnement

Les participants complètent un questionnaire accessible via Google Forms à l’aide d’un QR Code.

Objectifs :
•recueillir les représentations initiales ;
•identifier les connaissances préalables ;
•recueillir les attentes du groupe.

Phase 2 : Pendant l’atelier Installation et présentation

•Présentation des objectifs ;
•Explication des règles du jeu ;
•Constitution des groupes ;
•Distribution du matériel.

Déroulement du Monopoly
Les participants progressent sur le plateau de jeu et sont confrontés à différentes situations illustrant :
•Les déterminants sociaux ;
•Les inégalités d’accès aux ressources ;
•Les opportunités différenciées ;
•Les mécanismes de discrimination.

Les cartes événements déclenchent des discussions et des prises de décision collectives.

Rôle des animateurs
Les animateurs :
•facilitent les échanges ;
•garantissent le cadre bienveillant ;
•favorisent l’expression de chacun ;
•observent les compétences transversales mobilisées.

Soft skills observées
•Communication orale
•Coopération
•Écoute active
•Esprit critique
•Adaptabilité
•Prise d’initiative
•Résolution de problèmes
•Gestion des émotions
•Leadership bienveillant
•Confiance en soi

Phase 3 : Après l’atelier

Débriefing collectif
Questions proposées :
•Qu’avez-vous ressenti durant la partie ?
•Qu’est-ce qui vous a surpris ?
•Quelles situations vous ont semblé injustes ?
•Quels liens faites-vous avec la réalité ?

Analyse réflexive
Les participants identifient :
•Les apprentissages réalisés ;
•Les compétences mobilisées ;
•Les difficultés rencontrées ;
•Les capacités développées.

Transfert vers l’insertion professionnelle
Travail autour :
•des soft skills observées ;
•du CV ;
•des entretiens de recrutement ;
•de la valorisation des expériences vécues.

Évaluation

Évaluation formative
•Observation des comportements.
•Participation aux échanges.
•Qualité de l’argumentation.
•Mobilisation des compétences transversales.

Évaluation réflexive
•Auto-évaluation des participants.
•Débriefing collectif.
•Identification des acquis transférables.

Résultats attendus
•Remobilisation des participants ;
•Meilleure compréhension des mécanismes d’inégalités ;
•Développement de l’esprit critique ;
•Valorisation des compétences transversales ;
•Renforcement du sentiment d’efficacité personnelle ;
•Meilleure capacité à se projeter dans un parcours d’insertion.

Figure 9. Scénario pédagogique du Monopoly des Inégalités.


Annexe 14
Ingénierie ludo-pédagogique

Présentation du dispositif

Le parcours hybride conçu dans le cadre de ce projet repose sur une articulation progressive entre préparation, expérimentation et transfert des apprentissages. Cette organisation vise à favoriser l’engagement des participants, développer leur réflexion critique et valoriser les compétences transversales mobilisées durant les activités.


Annexe 15
Attestation de réussite – MOOC Gestion de Projet


Annexe 16
PDCA — Cycle d’amélioration continue


Annexe 17
Synthèse de l’ingénierie de projet


Annexe 18
Grille d’auto-évaluation des participants